Dernière modification : 22 février 2018 à 11:38

La localité de Mensdorf

Les origines

Les premières traces d'habitations aux alentours du Widdenberg remontent à l'époque où la voie romaine Metz-Trèves rejoint la voie Reims-Arlon-Trèves entre les futures localités de Mensdorf et de Beyren. De nombreux objets et inscriptions sur pierre, dégagés lors de fouilles, témoignent d'une colonialisation à l'époque gallo-romaine. A cette période, le Widdenberg est vénéré en tant que divinité celtique "Deus veraudunus". Le Widdenberg est riche en sources d'eau potable, déjà hautement appréciées à l'époque. Au début de l'époque franque, les noms des localités se terminent par -ingen, -heim et -dorf; aussi l'origine du nom de Mensdorf pourrait-elle remonter au 6e siècle après Jésus Christ. Il faut toutefois attendre l'année 1043 pour trouver une  première référence écrite à la localité de Mensdorf (Mennestorf). Au fil des siècles, Mensdorf prendra les désignations de Mensdorff (1255), Mennestorff (1261), Mennisdorf (1305), Mensdorff (1585), Munsdorf (1579/1589), Mondorff (1680/1695), Mensdorf (1685) et Monsdorf (1705/1792).

 

Les seigneurs de Mensdorf

Vers 1250, Mensdorf passe sous la dépendance des comtes de Roussy dont descendent, au 13e siècle, les comtes de Mensdorff-Pouilly. Au 14e siècle, les seigneurs de Mensdorf occupent des fonctions d'échevin à Luxembourg et possèdent de nombreuses propriétés en ville et dans la vallée de la Syre.

Bien qu'élevé au rang de seigneurie, Mensdorf ne se distingue guère des autres villages de l'époque - les habitations sont modestes et les chaussées en mauvais état. En 1473, les premiers enregistrements fiscaux font état de 12 foyers à Mensdorf. En 1611, la localité compte 20 foyers et environ 260 habitants. Sous l'effet de la guerre de Trente Ans (1618-1648), la population de  Mensdorf est décimée à 150 âmes en 1635. En 1656, seuls 42 habitants sont recensés. Ils vivent dans la plus grande misère et certains quittent même le village pour s'installer dans les pays voisins.


Historique et présentation         

En 1659, la localité est rattachée à la France, au même titre que les villes de Thionville, Montmédy et Ivoix. A la Révolution française, les comtes de Roussy doivent quitter la France et trouvent accueil en Autriche où ils aspirent à de hautes fonctions. Ils décident d'adopter le nom "de Mensdorf" pour masquer leur origine française. Le comte Alexandre de Mensdorf devient ministre des Affaires étrangères sous l'empereur d'Autriche-Hongrie. Son fils, le comte Albert de Mensdorf, né en 1861, est ambassadeur d'Autriche à Londres pendant de longues années.

 

La paroisse

Après avoir été une filiale de la paroisse de Flaxweiler, la paroisse de Mensdorf devient indépendante en 1858 seulement. L'existence d'une première chapelle à Mensdorf se trouve documentée dans le rapport d'une visitation paroissiale de 1570. En 1853, l'église paroissiale est construite sur le site d'une chapelle datant de 1696, dont seul le clocher est conservé. Ce n'est qu'en 1900 que  l'actuel clocher est dressé alors que l'édifice de 1696 est transformé en cage d'escalier vers la tribune.

 

Le centre du village

Au centre du village, l'ancien presbytère et l'ancienne école cèdent la place au centre culturel construit au début des années 1970. A la fin des années 1990, l'ancienne forge avoisinante est restaurée et transformée en salle de concerts et en locaux de réunion. Les installations d'atelier ont été préservées dans la salle du rez-de-chaussée. La nouvelle école est construite sur le terrain jadis occupé par la maison populaire et le lavoir du village, démolis en 1967. Depuis la mise en service de l'école primaire centrale à Roodt, l'école de Mensdorf accueille des classes du préscolaire.        

 

Le moulin de Mensdorf

L'existence d'un moulin à Mensdorf est documentée à partir du 14e siècle. Le premier moulin (le moulin Louwen) est détruit pendant la guerre de Trente Ans. Le second moulin fonctionne à partir du 17e siècle et ne cessera ses activités que dans les années 1960.


 

L'Activité économique

À partir du milieu du 19e siècle, la construction de la ligne de chemin de fer Luxembourg-Trèves, qui dessert la commune par les gares de Roodt et de Betzdorf, fournit de nombreux emplois aux habitants de la région et notamment aux résidants de Mensdorf.

En 1866, la localité compte 730 habitants. La rue Wangert témoigne de la culture de la vigne sur les coteaux du Widdenberg au 19e siècle.

Dès 1819, Mensdorf et le Widdenberg connaissent une réputation nationale par l’exploitation des carrières creusées dans le Grès de Luxembourg. Les carrières sont producteur national quasi exclusif de fameux pavés.

Pour protéger les sources d’eau potable qui approvisionnent en partie la commune, l’exploitation des carrières du Widdenberg est arrêtée en 1962.

Après la Seconde Guerre Mondiale, Mensdorf compte encore de nombreuses exploitations agricoles, six cafés, trois épiceries, une boulangerie, une boucherie, un commerce de fruits/légumes et de poissons, trois cordonniers, trois couturiers, quatre couturières, un coiffeur, un meunier, une entreprise de peinture, trois menuiseries, un carrossier, deux ferronneries et cinq entreprises de transports.

Aujourd'hui, seules deux exploitations agricoles, un café et une menuiserie subsistent. Depuis les années 1980, les activités économiques de la commune se sont réorientées suite à l’implantation d'industries de renommée nationale voire internationale dont les usines Duscholux et Panelux à Mensdorf. Malheureusement, le groupe Duscholux a fermé son site de production à Mensdorf en août 2009.


Les spécialités locales les plus appréciées sont les produits de distillerie, dont le plus connu est certainement le Quetsch de Mensdorf.


 

À l'instar des autres villages de la commune, Mensdorf connaît, au cours des dernières décennies, une forte croissance des zones d'habitation. Au 1er avril 2010, la localité compte 800 habitants.


 

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